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Endométriose : pourquoi ça fait si mal ?

Première cause d’infertilité en France, l’endométriose touche une femme sur dix en France. Sa cause demeure mystérieuse et pourtant, les douleurs qu’elle provoque pendant les règles sont bien réelles.

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L’endométriose se révèle toujours par un symptôme : d’insoutenables douleurs pendant les règles. « Ce n’est pas normal d’avoir mal », souligne la gynécologue.

L’endométriose, qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose, est due à la multiplication anarchique des cellules de l’endomètre qui, au lieu de rester dans l’utérus, migrent sur les ovaires, les intestins, la vessie, le rectum, les reins et le diaphragme, déclenchant des douleurs intenses.

L’endométriose résulte de l’écoulement de l’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui se développe entre chaque menstruation pour accueillir un éventuel embryon. Quand aucun ovule n’a pas été fécondé, l’endomètre se délite dans le mélange de chair et de sang que sont les règles.

« Sauf que tout ne se dirige pas vers la sortie, par le vagin. Une part s’évacue dans le ventre par les trompes », explique la gynécologue obstétricienne Isabella Chanavaz-Lacheray. « Chez la plupart des femmes, cela ne pose pas de problème, car l’organisme arrive à l’éliminer. Mais pour certaines, il y a comme un défaut de ménage inexpliqué. Les cellules d’endomètre vont alors vivre leur vie en se posant sur des organes », ajoute la spécialiste.

Une douleur anormale pendant les règles

triste8Les règles peuvent certes générer un inconfort, mais elles ne doivent pas provoquer de façon récurrente une insupportable douleur. Donc, si l’on doit, à chaque fois, prendre des antalgiques ou des anti-inflammatoires, si on fait des malaises ou que l’on doit rester alitée, si cette période provoque de l’absentéisme scolaire ou professionnel, alors il convient de consulter. Et comme l’endométriose est une maladie évolutive qui compte quatre stades témoignant de l’accumulation de ses lésions, on n’attend pas.

Des troubles associés

Se répandant sur de multiples organes, l’endométriose prend des formes très variées. Ses symptômes peuvent faire penser à d’autres affections : troubles digestifs, urinaires, pubalgie, entre autres. Un interrogatoire bien mené suffit néanmoins à la détecter.
Des examens (IRM, échographie, cœlioscopie…) devraient confirmer le diagnostic, sauf au premier stade, qui passera le plus souvent inaperçu.

La problématique de l’enfantement

L’endométriose est à l’origine d’un cas de stérilité sur trois, et la non-fécondité conduit très souvent à son diagnostic tardif.
« Il a fallu une fausse couche pour qu’une IRM révèle que j’avais des cellules d’endomètre (NDLR : muqueuse qui tapisse la paroi utérine dont la migration des cellules est à l’origine de la douleur) partout », s’indigne Audrey, 26 ans, assistante dentaire pour qui devenir mère ressemble depuis lors à un parcours du combattant.
triste10Ménopause artificielle, morphine, opération suivie de l’apparition d’un nouveau kyste et du retour de la douleur. « Je dois maintenant passer par une procréation médicalement assistée, mais la stimulation hormonale qu’elle implique stimule aussi la maladie », soupire la jeune femme. Ce calvaire de l’enfantement arpenté par de nombreuses femmes alimente l’idée d’un Graal à atteindre. A 36 ans, Marie vit ainsi son second congé maternité comme un message d’espoir pour toutes celles qui endurent ce qu’elle a vécu. Des années d’échecs et de souffrance avant d’être enceinte à la cinquième fécondation in vitro. « J’ai allaité le plus longtemps possible pour retarder le retour des règles. Et deux mois après, je suis retombée naturellement enceinte, sans le chercher, alors que j’avais passé dix ans à compter les jours et à mesurer ma température tous les matins. C’est la preuve que tout est possible. »

Des solutions pour lutter contre la douleur

Des approches plus douces que les opérations et les traitements hormonaux peuvent jouer un rôle complémentaire. Ostéopathie, réflexologie ou acupuncture s’avèrent pour beaucoup un moyen efficace d’atténuer la douleur, tandis que l’hypnose va la transformer, comme l’observe Sophie Bonnet au CHU de Rouen.
triste9« Cela permet d’être à la fois dans son corps et à distance afin de modifier les sensations corporelles », explique cette psychologue de l’hôpital qui abrite aujourd’hui le premier centre expert pour l’endométriose. Elle y initie à l’auto-hypnose pour que les patientes deviennent autonomes. « C’est une vraie roue de secours, considère Yasmine, responsable en relations publiques de 46 ans. Avec un peu de pratique, on arrive à se détacher de la douleur en la canalisant quand elle monte, ce qui évite de rentrer dans son tourbillon. »

S’épanouir malgré l’endométriose, c’est possible

« A chacune de trouver ce qui lui convient, mais il faut un accompagnement psychologique, estime Marie-Anne Mormina, auteure de La maladie taboue (éd. Fayard). On demande à la femme d’être une super-mère qui ne se plaint jamais et de réussir tant professionnellement que sexuellement. C’est difficile à atteindre, mais encore plus pour une victime d’endométriose. On doit pourtant vivre avec, le plus confortablement possible. »

Après son livre, Marie-Anne Mormina a lancé le blog Alter Endo, afin d’aider les femmes à s’épanouir malgré l’endométriose. Mais les mobilisations du mois de mars rappellent toujours qu’il faut davantage de monde en première ligne. Et d’abord des médecins capables, comme les puéricultrices formées à Rouen, de poser un diagnostic précoce par un simple interrogatoire. Pour que l’on ne dise plus à celle qui se tord de douleur que c’est normal.

Textes extraits de marieclaire.fr/gynécologie  (Par Brice Perrier, Elisabeth Alexandre)
Association française de lutte contre l’endométriose.
Revue « Fertility and Sterelity ».
http://www.endo-march.org

Le jour où je me suis aimée pour de vrai

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Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle estime de soi.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle authenticité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé de vouloir une vie différente,
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue
à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle maturité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation,
ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien
que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts,
et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle respect.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire :
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle amour-propre.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire des grands plans.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, j’appelle ça simplicité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’humilité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle plénitude.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
Elle devient une alliée très précieuce.

Kim McMillen

Poème de l’écrivaine Kim Mc Millen publié par sa fille Alison Mc Millen en 2001.

La femme tantrique

Le Tantra éveille la femme à la spiritualité à travers sa conscience sensuelle et sexuelle.

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Elle contient le féminin sacré, ce qui veut dire que sa nature divine est présente au quotidien.

La Voie du Tantra autorise la femme à trouver un axe intérieur pour vivre différemment sa sexualité, la relation à soi, à l’autre et au monde.

Plusieurs étapes ou initiations pour aller vers cet axe, dont trois importantes de mon point de vue (l’ordre chronologique posé ici n’est qu’un exemple) :

  1. La première est de reconnecter le lien à la mère mais dans son altérité et sa différence. Ce qui lui permet de s’inscrire dans sa lignée de femmes et se sentir reliée à toutes les femmes du monde.

    Ainsi, elle reconnaît elle-même le lien ontologique de sa nature femelle : naître et être de sexe féminin avec la vision et la préhension du monde qui en découlent. Ce qui n’est pas une « mince affaire » car cela signifie se différencier du modèle masculin. On voit que dans beaucoup de traditions ou religions, la femme n’a pas d’autre choix que de suivre ce qui est proposé par l’homme ou par un « Dieu »masculin…

  1. La deuxième, être capable de ressentir la femme sauvage qui est en elle, pour distinguer de l’intérieur, la différence entre puissance et violence. Ce qui lui permet d’accepter le masculin de l’homme dans son expression et non plus en le castrant ou en devenant victime.

    S’approprier la puissance de la femme car, seule, la puissance de la mère est reconnue comme légitime. Pour la femme, savoir dire non pour pouvoir poser des oui assumés et conscients, est un chemin vers sa liberté. Ainsi, elle sort des rôles de mère ou de fille dans la relation de couple. Elle s’affranchit de la « domination émotionnelle » dans laquelle elle est enfermée.

  1. La troisième étape est de s’initier à une très bonne connaissance de son corps. La femme tantrique sait connecter son sexe (yoni*) de l’intérieur pour le sentir vivant et existant.

    Petit à petit, elle s’enseigne le savoir sensuel inhérent à sa nature féminine. Cet auto apprentissage, la femme le reçoit dans l’être et le non faire, comme nous l’avons un peu expérimenté dans l’atelier au festival du féminin.

Dans le Tantra, la personne souffrante laisse place à la divinité en soi. Le beau, la sensualité et l’amour émergent alors, de la Femme – Déesse. La femme tantrique se découvre à ne plus «faire l’amour» mais vivre l’amour, donner et recevoir, sans but ni recherche particulière que celle d’être dans le présent et de ce qui va se créer entre soi et l’autre.

La sexualité est vécue comme une voie spirituelle qui passe par le respect, la joie, la tendresse.

A l’intérieur de soi, le masculin sacré se pose à côté du féminin sacré et vice-versa.

La sexualité féminine est un univers à découvrir, dont nous savons peu. La femme ayant le plus souvent orientée sa sexualité en « réponse, en écho» à la sexualité masculine.

Hors le féminin ne s’épanouit que dans un contexte secure : il doit se sentir parfaitement accueilli, sans intention ni projet d’être possédé. Dans cet état d’être et d’esprit, le féminin fleurit. Il crée du bonheur autour de lui, le masculin est alors transcendé et trouve naturellement sa légitimité. Il n’y a plus de lutte de place et de résultat pour les partenaires. Dans ces moments, les 2 personnes savent « d’instinct » se créer des espaces sacrés pour prendre le temps de s’aimer. Alors la part divinisée, féminine et masculine de chacun, éclos et ouvre le chemin d’une sensualité et d’une sexualité sans fin. Nulle menace ne doit venir troubler ce qui s’ouvre. Sinon tel le nénuphar qui se referme, le féminin sacré s’en va, et la magie est partie. Revient alors une sexualité connue. Cette magie du Tantra est souvent reconnue par les pratiquants.

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Nous comprenons ici, comment les hommes et les femmes doivent progresser ensemble, s’entraider, aller vers une confiance mutuelle. Ce qui s’exprime à l’extérieur, la relation pacifiée, s’exprime à l’intérieur par un épanouissement à soi et à la vie, plus heureux.

Dans le tantrisme ou Tantra, il est reconnu que la femme est pure et sacrée par essence. Il s’agit de ses cellules, de son énergie comme un fait ontologique, et non pas comme quelque chose à acquérir ou à atteindre. Cela change tout. C’est la découverte de la force et du caractère pleinement sacré d’être femme.

Dans le Tantra, la femme (Shakti**) vit et pratique non seulement sur un plan d’égalité avec les hommes (Shivas**) la poursuite d’une transformation spirituelle mais dans beaucoup de cas montre même le chemin. Elle est l’initiatrice. Pour les hommes pratiquants tantriques, le féminin doit être honoré et vénéré comme la valeur qui apporte l’éveil au monde. Le féminin chez la femme mais aussi à l’intérieur de lui.

L’enjeu de la femme tantrique est d’affirmer ces valeurs, et les maintenir dans sa vie, face à une société pas toujours prête à les recevoir. Il est possible d’imaginer que si la vision féminine du monde s’exprime totalement, soutenue par les hommes, les choses changeront. Elle ne doit pas être vue comme complémentarité à celle de l’homme mais comme légitime à part entière.

Beaucoup de peurs sont présentes dans la sexualité aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Des traumatismes anciens tels que viols, incestes, abus, des relations sexuelles qui se sont mal passées, freinent l’évolution de la sexualité et rendent les rapports sexuels maladroits et infantiles Sans parler des interdits culturels, des tabous familiaux, de la pornographie etc.

C’est pourquoi, le chemin de la femme vers une sexualité sacrée assumée est source de transcendance et de changement. Changement pour soi, comme écrit plus haut, mais aussi par résonance, changement pour les femmes, les jeunes filles, les filles autour de soi. La femme qui met au monde sa sexualité de femme sacrée est un être humain libre.

* Yoni (sanskrit), dans l’hindouisme, désigne la vulve, le sexe féminin. Souvent traduit au masculin, je l’emploie volontairement au féminin : la yoni.
** Shakti représente l’énergie féminine, et dans la pratique tantrique la femme, la déesse. Shiva, divinité hindoue, dans la pratique tantrique, représente l’homme, le dieu.

Marisa Ortolan ,
Femme Tantrique, Thérapeute psycho-corporelle, Enseignante de Tantra.
En savoir plus sur l’auteure, son site web : http://www.marisa-ortolan.com
Texte tiré de l’article : http://www.feminiteetspiritualite.com/2017/02/01/la-femme-tantrique/

Le clitoris en 3D

A quoi ressemble ce clitoris en 3D  ?

Considérée comme une petite révolution dans le domaine de l’éducation sexuelle, cette reproduction en taille réelle va faire son entrée dans les cours de SVT pour aider les élèves à mieux connaître cet organe entièrement dévoué au plaisir féminin.

On sait (vaguement) qu’il existe, son nom fait rougir et sourire, il fait partie intégrante de la femme et pourtant, lorsqu’il n’est pas carrément diabolisé et mutilé, le clitoris, , reste injustement méconnu de la majorité de la population. Parce qu’il est complexe et qu’on ignore encore beaucoup de choses à son sujet et parce qu’il est lié au plaisir et pas uniquement à la reproduction, il est, aujourd’hui encore, aussi peu visible dans les manuels scolaires que sur le corps humain.
Une absence remarquable à laquelle la chercheuse française Odile Fillod a voulu remédier grâce à cette technologie formidable qu’est l’impression 3D. Car le négliger, c’est négliger celles qui en sont pourvues (la moitié de l’humanité, on le rappelle, au cas où). Avec l’aide d’une amie artiste, Marie Docher, elle a donc modélisé en taille réelle cet organe et mis à disposition, libre de droits, sa maquette en téléchargement (ici) pour que tous les professeurs et curieux puissent lui donner vie en plastique (biodégradable), découvrir et enseigner ses secrets. (Voir la Vidéo du  CLITORIS 3D de Marie Docher sur Vimeo.)

Le clitoris 3DLong de 10 cm (la taille moyenne), pourvu de son gland, de ses bulbes du vestibule, et de ses racines, le clitoris nous montre enfin concrètement sa face cachée et n’est plus ce petit haricot figurant dans les livres au chapitre « reproduction et sexualité ». Deux concepts que le nouveau programme prévoit d’ailleurs bien de distinguer car ils sont trop souvent arbitrairement associés. Pour ce faire, il est donc indispensable de faire sortir de l’ombre cet organe du plaisir afin que les collégiens et lycéens, filles comme garçons, lui attribuent la place et l’importance qu’il mérite. Pour le moment, il est si souvent éludé que selon un récent rapport du Haut Conseil à l’égalité (HCE), un quart des filles de 15 ans ne savent pas qu’elles ont un clitoris, et 83 % des collégiennes de 4e et de 3e ignorent sa fonction.

Dans un souci de représenter la sexualité de manière égalitaire, non-stéréotypée, c’est-à-dire centrée sur le plaisir masculin physique quand le féminin serait essentiellement « cérébral », et donc non-sexiste, et tout simplement correcte, l’introduction du clitoris est un devoir. Comment faire comprendre aux jeunes filles qu’il est normal de ne pas jouir par voie vaginale sinon ?
« Il est essentiel que les femmes sachent que l’équivalent du pénis chez elles n’est pas le vagin, mais le clitoris. Les femmes ont des érections lorsqu’elles sont excitées, mais elles restent invisibles parce que le clitoris est interne. Je voulais montrer que les hommes et les femmes ne sont pas foncièrement différents« , insiste auprès du journal britannique Guardian Odile Fillod. Contrairement à ce qu’affirme le média, l’objet ne sera pas présent dans toutes les classes et chaque prof de SVT pourra choisir de le montrer ou non.

Cette création a provoqué un véritable engouement dans la presse étrangère et sur la Toile, preuve qu’il était grand temps qu’elle voie le jour. Ne serait-ce que pour illustrer d’autres articles sur le sujet, un rapide tour sur les banques d’images prouvant qu’il n’y a pas que dans les manuels que le clito brille par son absence.

  Un exemple de représentation du clitoris

Le clitoris, un organe pas comme les autres

Le clitoris, organe du plaisir…

Organe du plaisir par excellence, le clitoris jouit de nombreux surnoms et sobriquets, clito, berlingot, bouton, haricot, petit pois… Il est la source de plaisir principale pour la majorité des femmes. Mieux le connaitre, vous permettra d’encore mieux en profiter ! Petit tour d’horizon d’un organe pas comme les autres.

L’anatomie du clitoris

Le clito est composé de différents élément :

Le gland : Le gland du clitoris est extrêmement riche en corpuscules de Kraüse, capteurs de sensations de plaisir. Il en est tellement riche, qu’il y en a deux à trois fois plus à sa surface que sur le gland du pénis, et cela pour une surface bien plus petite ! Alors, d’ici à penser que les femmes ressentent trois fois plus de plaisir que les hommes, il n’y a qu’un pas.

Autour du gland : certaines femmes ont un gland si sensible qu’il est impossible de le toucher directement. Il suffit de prodiguer des caresses tout autour, car la moindre petite pression est transmise immédiatement à ce clitoris hypersensible.

La tige : C’est une sorte de petit cylindre qui remonte sur l’os du pubis. Lors de l’excitation, un frottement appuyé à cet endroit produit des sensations très voluptueuses. C’est aussi l’intérêt d’une position où le pubis de l’homme appuie sur le pubis féminin : mine de rien, il stimule le clitoris.

Sensibilité du clitoris

Dans le vagin sur les bords : c’est là qu’aboutissent les racines du clitoris. C’est pourquoi des caresses relativement appuyées des deux côtés du vagin, tout près de l’entrée peuvent procurer de très fortes sensations !

Les vibrations : Le clito est très sensible aux vibrations. C’est bon à savoir pour une femme qui n’a jamais éprouvé d’orgasme. En utilisant un appareil vibrant (vibromasseur ou autre) appliqué sur le clitoris, elle va presque à coup sûr déclencher un orgasme.

Des caresses, encore des caresses
Dès le plus jeune âge, c’est par l’auto-caresse de ce petit organe que la femme érotise son corps, puis son vagin. En revanche, une fois stimulé par un partenaire masculin, les effets ne sont pas toujours les mêmes. Et pour cause : beaucoup d’hommes ont une vision trop simpliste et utilitaire du clitoris et sont maladroits dans leurs caresses

Nos conseils pour encore plus de plaisir

 Le clitoris étant un organe très sensible, la stimulation doit se faire de manière très délicate. Les doigts, les lèvres, la langue, tout est permis. Cependant, la langue apparaît comme le meilleur stimulant et nombre de femmes connaissent l’orgasme par cunnilingus. La tige peut aussi être stimulée, par exemple en appuyant sur le pubis. En caressant les deux côtés du vagin où se situent les racines du clitoris, on peut également provoquer de réelles sensations de plaisir.

Utiliser un lubrifiant pour rendre les caresses encore plus excitantes, l’utilisation d’un lubrifiant simple peut accentuer énormément le plaisir.
Caresser le clito pendant la pénétration (avec les doigts ou le bout du pénis) : Parmi les femmes qui se disent  » vaginales « , environ 50 % avouent avoir besoin d’une stimulation clitoridienne pour parvenir à l’orgasme. Alors, il y a sans doute beaucoup de femmes vaginales qui s’ignorent : celles qui ont besoin de ce  » starter  » clitoridien !
Pratiquer le pont de l’orgasme : quand une femme connaît l’orgasme clitoridien, mais ignore l’orgasme vaginal, la méthode du pont peut faire passer la connaissance orgasmique vers le vagin. Il suffit de s’approcher de l’orgasme clitoridien et de continuer à le caresser tout en pratiquant une pénétration. Le vagin finira par comprendre que lui aussi peut mener à l’orgasme.

Femme clitoridienne ou vaginale : un débat obsolète ?

La majorité des femmes sont clitoridiennes et atteignent facilement l’orgasme clitoridien. Cependant, pour nombre de scientifiques, le débat femme clitoridienne-femme vaginale est aujourd’hui dépassé. En effet, lorsque l’orgasme survient, c’est parce que le complexe clitoridien a été stimulé, soit directement, soit à travers la paroi du vagin. Ainsi, si 30 % des femmes ont un orgasme lors d’un rapport sexuel, cela signifierait que pour les 70 % restants, le clitoris n’a pas pu jouer son rôle.

Même chez les femmes qui se disent vaginales, la moitié reconnaît avoir recours à une stimulation clitoridienne pour parvenir à l’orgasme. Inversement, un orgasme clitoridien est toujours aussi vaginal car le vagin se contracte de manière involontaire et rythmique.

Un mystère pour les hommes
Symbole de l’autonomie sexuelle de la femme, le clitoris reste un objet de mystère pour la gente masculine, mais aussi un objet de crainte. En effet, 95 % des femmes accèdent à l’orgasme en quelques minutes en stimulant elles-mêmes leur clitoris. Au Moyen-âge, le clitoris était même surnommé « le mépris de l’homme » dans certaines régions d’Europe.
Le clitoris diabolisé
Au 19e siècle, le clitoris est décrété « organe inutile » par les scientifiques. Le vagin acquiert une primauté incontestable sur un clitoris qui devient diabolisé.

En Europe et aux Etats-Unis, jusque dans les années 1930, la pratique de l’excision se répand, pour empêcher la masturbation, mais aussi car on soupçonne le clitoris d’être la cause de maladies telles que l’hystérie ou l’épilepsie.
Aujourd’hui, 150 millions de femmes dans le monde sont victimes de ce genre de pratiques, dans des pays qui s’étendent principalement des Etats arabes à l’Inde. La France aussi est concernée, avec environ 30 000 femmes ou jeunes filles excisées.

Texte issu : http://www.aufeminin.com/sexe/clitoris-s641139.html

Le plaisir féminin, à bouche que veux-tu

Peinture pompéienne murale 79 av. JC.
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Il est loin le temps où le cunnilingus passait pour une pratique élitiste ou subversive ! Plébiscité par les Français, l’embras(s)ement du sexe féminin compte pas moins de 87 % d’adeptes selon les manifestants, 73 % selon la police – deux scores de république bananière. Ou de république ostréicole.

Recevoir un cunnilingus demande une certaine confiance. Or, comme chacun sait en cette période de prolifération des complexes, la confiance ne coule pas de source. Il est normal d’être gênée : comment ne pas intérioriser des millénaires d’associations douteuses entre vulve et moiteur, maladie, mauvaises odeurs et putréfaction ?

Normal d’être gênée aussi, quand il s’agit de montrer une partie du corps qui normalement ne se voit pas, et ce, sans pour autant se faire accuser de pruderie. Hors de toute sacralisation du sexe, ce sont des questions qu’on se pose en allant chez le dentiste, ou quand le docteur fouine nos oreilles – ce petit doute quant à des points anatomiques échappant à notre contrôle, voire à notre connaissance. A ce titre, pour recevoir un cunnilingus, les complexées trouveront intéressant de s’habituer à regarder leur sexe, avec un miroir. Si la pression est due à l’inconnu, vous pouvez faire connaissance.

Couleurs et variations

Contrairement à la vulve médiatique qui se duplique sur un même moule, la vulve humaine se déploie en toutes les couleurs et variations. Tant que vous n’avez pas d’écailles qui poussent autour du clitoris, tout roule. Et s’il faut aborder les angoisses les plus fréquentes : il est parfaitement répandu d’avoir des petites lèvres qui dépassent des grandes, et parfaitement banal d’avoir une petite lèvre plus grosse que l’autre. Votre partenaire ne sera pas surpris. Dans le cas contraire, il est puceau (et il regarde trop la télévision) – pensez donc à lui indiquer la position de votre clitoris grâce à des panneaux indicateurs en néon.

Pour recevoir un cunnilingus, beaucoup de femmes se sentent dans l’obligation de se préparer – non seulement avec une douche mais à coups de bandes dépilatoires. Chacune fait comme elle veut, mais on peut déceler là une forme d’autocensure : en estimant par avance qu’aucun homme n’aime les poils, les femmes alimentent une culture où leurs amants perdent l’habitude de se confronter aux buissons velus. Or, le cunnilingus n’est pas synonyme de pubis glabre sous prétexte qu’il faudrait mieux voir. La langue n’a pas d’œil. Certains hommes préfèrent sincèrement la version poilue, qui offre des sensations particulières et d’intéressants jeux de texture. Et de toute façon, l’éventuelle préférence masculine n’est pas parole d’évangile : c’est vous qui décidez. Le cunnilingus est censé vous procurer du plaisir. Si la préparation vous plonge en plein malaise et qu’elle vous fait mal, sortez plutôt le jeu de Scrabble.

Frais de participation

Nous avons déjà abordé cette question pour la fellation : nos partenaires ne sont pas télépathes. Nous sommes donc chargées, soit de leur confier notre manuel d’utilisation, soit de miser sur une compatibilité tombée du ciel, soit d’accepter la déception. Offrir le guide du cunnilingus pour les nuls est inutile : il ne s’agit pas pour le partenaire d’apprendre à prodiguer des caresses à toutes les femmes, ou à une femme moyenne. Il s’agit de se spécialiser. Ce que préfèrent les autres femmes, on s’en fiche.

Cet enseignement ne passe pas forcément par les mots : vous pouvez filer un coup de main (en écartant les grandes lèvres pour faciliter l’accès au lieu du crime, par exemple). Vous pouvez participer, montrer comment vous vous masturbez. A ce titre, il serait crucial d’introduire une nuance dans le débat bucco-génital public. On parle du cunnilingus générique alors que cette pratique existe, pour les femmes, en version passive ou active. Parfois l’ambiance est à la détente, parfois à la passion. Nous ne sommes pas toujours des étoiles de mer face aux langues de nos partenaires…

Le paradoxe du mec bien

L’enfer, pavé de bonnes intentions : vous connaissez la musique. Ici, nous affrontons le problème de la gratitude. Les femmes ont en effet tendance à se montrer extra-reconnaissantes dès qu’un homme bouge un orteil – qu’il s’agisse de faire la vaisselle ou d’honorer notre bouton de rose. On nous a bien répété que notre vulve était sale. Nous en déduisons donc, plus ou moins consciemment, que le cunnilingus est une faveur, voire un sacrifice, comme s’il s’agissait pour notre partenaire de partir au feu… alors même que la majorité des hommes le pratiquent pour leur plaisir.

Ce raisonnement est le pire ennemi de la réceptrice parce qu’il la met sous pression : déjà que monsieur se donne un mal de chien, on essaie d’abréger ses souffrances. Quitte à ne jamais atteindre l’orgasme. Recevoir un cunnilingus avec grâce consiste pourtant à le recevoir dans la longueur, sans culpabiliser parce que ce serait trop demander – dix ou vingt minutes, ce n’est pas trop demander. Les hommes qui descendent en eaux profondes le savent. Cette timidité, qui joue contre notre plaisir, peut être rangée au placard.

La gratitude empêche en outre de formuler des critiques. Or, justement parce que les hommes aiment cette pratique, ils sont parfaitement aptes à entendre des suggestions et modifier leur routine – par ailleurs, en les protégeant, nous les infantilisons. Ils n’ont rien demandé, et n’ont aucune envie d’être infantilisés.

Autre conséquence de la gratitude excessive : elle prive les femmes de leur droit à ne pas aimer le cunnilingus. Lequel ne constitue ni la pratique ultime ni un Graal sexuel. Il existe mille raisons de ne pas aimer le cunnilingus – sans même s’en justifier. Certes, la langue offre des monceaux de douceur et de très commodes lubrifications, mais elle manque de précision. Elle manque également, parfois, de puissance et de vitesse, surtout en comparaison avec les doigts. On peut détester le contact visqueux de la langue.

Recevoir un cunnilingus implique donc de se demander honnêtement si on aime le cunnilingus. Ou si on aime le cunnilingus ce jour-là – quand on a ses règles, quand on pense à autre chose, ou quand c’est un mardi.

Fin de partie

Recevoir un cunnilingus inclut l’art délicat de savoir arrêter les frais : soit parce qu’on a joui, soit parce qu’on en a assez, soit parce qu’on voudrait passer à autre chose. Changer de position suffit le plus souvent − soyons honnêtes : votre partenaire a une crampe, il ne se vexera pas. Si votre amant est du genre à penser que tout cunnilingus doit aboutir à un orgasme (non), et que vous préférez vous épargner une conversation embêtante, simuler est une option. Pas forcément une bonne, mais une option quand même.

Rappelons enfin qu’on n’arrête pas forcément un cunnilingus pour passer à l’étape suivante, ou pire, à l’étape « supérieure ». Nous parlons d’une pratique à part entière, comme le baiser ou le bœuf bourguignon. La pénétration vaginale n’est pas le prix à payer pour un cunnilingus. Lequel n’est pas un passage obligé, quand on voudrait être pénétrée tout de suite.

Car enfin, on ne reçoit pas un cunnilingus comme un amuse-bouche : on ne peut pas honorer cette attention tout en l’appelant « préliminaire » − un mot qui induit une hiérarchie des pratiques sexuelles. Le meilleur moyen de rendre grâce à ce baiser est de le prendre au sérieux. Comme cœur du sujet, certainement pas comme accessoire.

Texte de Maïa Mazaurette – Journaliste au Monde (texte original : ici)