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Couple : Pacifier sa relation par la CNV

Nous dialoguons tous les jours avec notre partenaire et pourtant rares sont celles et ceux qui connaissent les règles d’une communication réellement respectueuse de soi et de l’autre.
La Communication Non Violente (appelée aussi CNV) est une méthode de communication créée par Marshall B. Rosenberg. Elle permet d’accroître la qualité de la relation, la compréhension et les rapports entre les personnes dans le respect des différences mutuelles. Les moteurs de la CNV sont la bienveillance et l’empathie. C’est pourquoi elle trouve parfaitement sa place dans une communication positive dans le couple.

♦ Les 4 étapes de la CNV :

1 – Observation : décrire la situation objectivement, sans jugement, analyse ou interprétation.
2 – Sentiments : exprimer ses sentiments générés par cette situation en parlant de soi. Utilisez le «je» plutôt que le « tu » qui tue
3 – Besoins : identifier et exprimer mes besoins non satisfaits qui ont provoquer en moi cette émotion (besoin insatisfait = émotion négative).
4 – Demande : faire une demande claire, concrète et réalisable pour que mes besoins fondamentaux soient satisfaits.
CNV bonhomme osbd

On distingue 9 besoins fondamentaux :
–  Besoins physiologiques, bien-être physique
–  Sécurité
–  Empathie, compréhension
–  Créativité
–  Amour, intimité
–  Jeu, distraction
–  Repos, détente, récupération
–  Autonomie
–  Sens dans la vie, spiritualité

Formulation CNV type (face à une situation non satisfaisante):
« Quand je vois/j’entends (décrire la situation sans jugement),
je ressens (citer l’émotion ressentie),
car j’ai besoin (identifier mes besoins),
alors je demande (être force de proposition pour satisfaire mes besoins) … »

EXEMPLE pour l’illustrer

Imaginez, Paul et Virginie, un jeune couple qui travaille tous les deux avec un jeune enfant de 13 mois.
⇒ Virginie est une jeune femme joyeuse, ambitieuse, exigeante et plutôt perfectionniste. Elle s’est arrêtée 1 an pour s’occuper de son fils et vient de reprendre son activité professionnelle.
⇒ Paul est un jeune homme social, sportif, attentionné. Il a créé sa société depuis 3 ans ce qui le conduit à travailler beaucoup et à être très souvent en déplacement.
Il est 20h, Virginie, exténuée, s’adresse à Paul en criant alors qu’il vient de rentrer d’une longue journée de travail.

Voici l’échange spontané, dit « classique » :
couple« Tu t’es encore arrangé pour rentrer juste à temps pour mettre les pieds sous la table. Tu ne t’occupes jamais de notre enfant, c’est moi qui fais tout dans cette maison alors que moi aussi j’ai un travail. Je ne suis pas la bonne. Et en plus, demain tu vas faire du sport… Je n’en peux plus de toi! Je me demande si il ne vaudrait pas mieux divorcer! »

Virginie est tellement submergée par ses émotions que lorsqu’elle s’adresse à Paul, elle exagère tout, devient agressive, de mauvaise fois, et ne produit que des reproches. Pourtant, Paul s’occupe de son mieux de leur enfant, de la maison et travaille beaucoup pour payer les charges de la famille. Il a également réduit ses activités sportives depuis la naissance de leur enfant. Lui aussi est fatigué et a des besoins de détente.

Imaginez comment Paul peut vivre ces propos ? Que peut-il ressentir ?  Probablement, qu’il ne comprend pas ce qui se passe. Il doit se sentir agressé, accablé de reproches, incapable d’être celui que l’on admire, que l’on aime. Cela doit générer chez lui un sentiment d’injustice, de colère, d’inquiétude, de tristesse …
Cette manière de communiquer n’est pas satisfaisante pour un véritable échange positif, constructif et bienveillant dans le couple. Elle est culpabilisante, humiliante, agressive et entretient un rapport de force, ce qui aboutit à des échanges stériles et blessants.

ÉTAPE 1 : Observation
Quels sont les faits objectifs sans supposition et sans jugement?
Paul vient juste de rentrer du travail, il est 20h.

La formulation CNV pourrait être :
«Je m’attendais à ce que tu rentres plus tôt du travail »

ÉTAPE 2 : Sentiments
Comment Virginie se sent face à la situation évoquée à l’étape 1 ?
Elle est déçue que Paul arrive si tard
Elle se sent submergée par toute cette charge logistique
Elle trouve injuste que cela lui incombe systématiquement
Elle ne se sent pas soutenue dans la gestion de la famille
Elle ne se sent pas respectée dans ses besoins
Elle à peur que Paul ne s’investisse pas dans son rôle de père et de compagnon
Elle a peur de s’être trompée en choisissant Paul comme partenaire de vie

La formulation CNV pourrait être :
«Je suis déçue et trouve injuste que tu arrives si tard. Je ne me sens submergée et pas soutenue dans la gestion de la maison et de notre enfant. J’ai peur qu’on n’y arrive pas. »
Cela apporte d’avantage d’humanité à l’échange, et n’agresse pas Paul. Celui-ci peut alors écouter Virginie et s’ouvrir plus facilement au dialogue.

ÉTAPE 3 : Besoins
Quels sont les besoins de Virginie dans cette situation?
Elle a besoin d’être rassurée qu’elle n’est pas seule à assurer le rôle de parent
Elle a besoin que Paul soit plus disponible à la vie de famille
Elle a besoin de repos et de loisirs
Elle a besoin d’empathie et d’être valorisée pour tout ce qu’elle fait 

La formulation CNV pourrait être :
«C’est important pour moi de partager toute cette logistique comme on se l’était promis. J’ai  besoin de me sentir rassurée et valorisée en tant de mère et compagne. De plus, je rêve de me pouvoir me reposer car je suis stressée et très fatiguée. »
En CNV, lorsque j’exprime un besoin, il ne concerne que MOI (et pas l’autre). Cela m’oblige à m’impliquer et à me responsabiliser.
⇒ Attention: les phrases de type « j’ai besoin que tu », tuent ! Elles ne donnent pas d’indication sur le besoin personnel. Elles déposent la responsabilité sur l’autre et le culpabilisent.

ÉTAPE 4 : Demandes
Quelles sont les propositions concrètes qui répondraient aux besoins exprimés à l’étape 3?

Les formulations CNV pourraient être :
«Serais-tu d’accord pour pour organiser nos agendas à l’avance? Planifier des temps personnels, professionnels et à deux? Planifier la répartition des taches ?»
«Pourrais-tu me prévenir quand tu dois finir plus tard ?»
«Pouvons-nous réfléchir à un moyen de faire garder notre enfant pour nous retrouver au moins 1 fois par mois ?»

⇒ Attention de ne pas « imposer » notre volonté, mais de présenter la demande comme une action possible. C’est une suggestion et non pas une exigence. Et ça fait toute la différence ! C’est la base du dialogue, soit un échange de points de vue et de propositions et non pas une injonction de revendications.

Ne confondez pas relation, couple et amour

La relation compte parmi les mystères. Et comme elle existe entre deux personnes, elle dépend de l’une et de l’autre.

couple35Chaque fois que deux personnes se rencontrent, un monde nouveau est créé. Rien que par leur rencontre, un nouveau phénomène voit le jour – un phénomène qui n’existait pas auparavant, qui n’avait jamais existé. Et par ce phénomène nouveau, les personnes sont toutes deux changées et transformées. Sans relation, vous êtes une chose ; sitôt en relation, vous en devenez une autre. Quelque chose de nouveau est apparu. Lorsqu’une femme devient amoureuse, elle n’est plus la même femme. Lorsqu’un homme devient père, il n’est plus le même homme.

Un enfant vient au monde, mais nous perdons complètement de vue un point : au moment où naît l’enfant, naît également la mère. Celle-ci n’existait pas avant. La femme existait, mais la mère n’avait jamais existé. Et une mère est quelque chose d’absolument nouveau. La relation est crée par vous et ensuite, à son tour, la relation vous crée.

Deux personnes qui se rencontrent, c’est deux mondes qui se rencontrent. La chose n’est pas simple, mais au contraire très complexe, la plus complexe qui soit. Chaque personne est un monde en elle-même : un mystère complexe, avec un lointain passé et un futur éternel.

couple34Au départ de la relation, seules les périphéries se rencontrent. Mais si la relation croît en intimité, devient plus proche, devient plus profonde, alors peu à peu, les centres commencent à se rejoindre. Lorsque les centres se rejoignent, c’est ce qu’on appelle l’amour. Lorsque les périphéries se rencontrent, cela s’appelle faire connaissance. Vous prenez contact avec l’autre, de l’extérieur, juste à partir du bord : vous faîtes alors connaissance. Fréquemment, vous vous mettez à appeler votre rencontre amour. Vous êtes alors dans l’erreur. Faire connaissance n’est pas aimer.

L’amour est chose très rare. Rencontrer quelqu’un en son centre, c’est passer soi-même par une révolution, car si vous voulez rencontrer quelqu’un en son centre, il vous faudra lui permettre d’arriver, lui aussi à votre centre. Il vous faudra devenir vulnérable, absolument vulnérable, ouvert. C’est risqué. Laisser arriver quelqu’un à votre centre est risqué, dangereux, car vous ne savez pas ce qu’il va vous faire. Et une fois tous vos secrets connus, une fois votre intimité dévoilée, une fois que vous êtes complètement exposée, que fera-t-il ? Vous ne le savez pas. Et la peur est là. C’est pourquoi nous nous ouvrons jamais.

Une simple rencontre, et nous pensons que l’amour est arrivé. Les périphéries se touchent et nous croyons que nous sommes rencontrés. Vous n’êtes pas votre périphérie. En réalité, la périphérie est la frontière où vous finissez, c’est la palissade qui vous entoure. Ce n’est pas vous ! La périphérie est le lieu où vous finissez et où commence le monde. Même des maris et des femmes qui auraient vécu ensemble depuis de nombreuses années peuvent être des étrangers, ils ne se connaissent pas l’un l’autre. Et plus longtemps vous vivez avec quelqu’un, plus vous oubliez complètement que vos centres sont restés inconnus.

La première chose à comprendre est donc : ne confondez pas relation, couple et amour. Même si vous faites l’amour, même si vous avez une relation sexuelle, le sexe est, lui aussi, à la périphérie. A moins que les centres se rencontrent, le sexe n’est que la rencontre de deux corps. Et la rencontre de deux corps n’est pas votre rencontre. Le sexe, lui aussi, reste une relation superficielle – physique, corporelle, mais toujours superficielle. Mais vous ne pouvez permettre à quelqu’un de pénétrer jusqu’en votre centre que si vous n’avez pas peur, que si vous n’avez aucune crainte.

couple33Aussi, je vous dis qu’il y a deux sortes d’existence. L’une est dirigée par la peur, l’autre par l’amour. Vivre dans la peur ne pourra jamais vous permettre une relation profonde. Vous restez craintif et vous ne pouvez laisser faire l’autre : vous ne pouvez lui permettre d’entrer en vous vraiment jusqu’à votre cœur. Vous tolérez l’autre jusqu’à un certain point, et puis c’est le mur et tout s’arrête. Celui dont la vie est tournée vers l’amour est l’être religieux et spirituel. Etre tourné vers l’amour veut dire : ne pas avoir peur de l’avenir, ne pas avoir peur du résultat ni des conséquences : vivre ici et maintenant. (…)

Texte extrait d’Osho , Mon chemin, le chemin des nuages blancs