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Endométriose : pourquoi ça fait si mal ?

Première cause d’infertilité en France, l’endométriose touche une femme sur dix en France. Sa cause demeure mystérieuse et pourtant, les douleurs qu’elle provoque pendant les règles sont bien réelles.

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L’endométriose se révèle toujours par un symptôme : d’insoutenables douleurs pendant les règles. « Ce n’est pas normal d’avoir mal », souligne la gynécologue.

L’endométriose, qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose, est due à la multiplication anarchique des cellules de l’endomètre qui, au lieu de rester dans l’utérus, migrent sur les ovaires, les intestins, la vessie, le rectum, les reins et le diaphragme, déclenchant des douleurs intenses.

L’endométriose résulte de l’écoulement de l’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui se développe entre chaque menstruation pour accueillir un éventuel embryon. Quand aucun ovule n’a pas été fécondé, l’endomètre se délite dans le mélange de chair et de sang que sont les règles.

« Sauf que tout ne se dirige pas vers la sortie, par le vagin. Une part s’évacue dans le ventre par les trompes », explique la gynécologue obstétricienne Isabella Chanavaz-Lacheray. « Chez la plupart des femmes, cela ne pose pas de problème, car l’organisme arrive à l’éliminer. Mais pour certaines, il y a comme un défaut de ménage inexpliqué. Les cellules d’endomètre vont alors vivre leur vie en se posant sur des organes », ajoute la spécialiste.

Une douleur anormale pendant les règles

triste8Les règles peuvent certes générer un inconfort, mais elles ne doivent pas provoquer de façon récurrente une insupportable douleur. Donc, si l’on doit, à chaque fois, prendre des antalgiques ou des anti-inflammatoires, si on fait des malaises ou que l’on doit rester alitée, si cette période provoque de l’absentéisme scolaire ou professionnel, alors il convient de consulter. Et comme l’endométriose est une maladie évolutive qui compte quatre stades témoignant de l’accumulation de ses lésions, on n’attend pas.

Des troubles associés

Se répandant sur de multiples organes, l’endométriose prend des formes très variées. Ses symptômes peuvent faire penser à d’autres affections : troubles digestifs, urinaires, pubalgie, entre autres. Un interrogatoire bien mené suffit néanmoins à la détecter.
Des examens (IRM, échographie, cœlioscopie…) devraient confirmer le diagnostic, sauf au premier stade, qui passera le plus souvent inaperçu.

La problématique de l’enfantement

L’endométriose est à l’origine d’un cas de stérilité sur trois, et la non-fécondité conduit très souvent à son diagnostic tardif.
« Il a fallu une fausse couche pour qu’une IRM révèle que j’avais des cellules d’endomètre (NDLR : muqueuse qui tapisse la paroi utérine dont la migration des cellules est à l’origine de la douleur) partout », s’indigne Audrey, 26 ans, assistante dentaire pour qui devenir mère ressemble depuis lors à un parcours du combattant.
triste10Ménopause artificielle, morphine, opération suivie de l’apparition d’un nouveau kyste et du retour de la douleur. « Je dois maintenant passer par une procréation médicalement assistée, mais la stimulation hormonale qu’elle implique stimule aussi la maladie », soupire la jeune femme. Ce calvaire de l’enfantement arpenté par de nombreuses femmes alimente l’idée d’un Graal à atteindre. A 36 ans, Marie vit ainsi son second congé maternité comme un message d’espoir pour toutes celles qui endurent ce qu’elle a vécu. Des années d’échecs et de souffrance avant d’être enceinte à la cinquième fécondation in vitro. « J’ai allaité le plus longtemps possible pour retarder le retour des règles. Et deux mois après, je suis retombée naturellement enceinte, sans le chercher, alors que j’avais passé dix ans à compter les jours et à mesurer ma température tous les matins. C’est la preuve que tout est possible. »

Des solutions pour lutter contre la douleur

Des approches plus douces que les opérations et les traitements hormonaux peuvent jouer un rôle complémentaire. Ostéopathie, réflexologie ou acupuncture s’avèrent pour beaucoup un moyen efficace d’atténuer la douleur, tandis que l’hypnose va la transformer, comme l’observe Sophie Bonnet au CHU de Rouen.
triste9« Cela permet d’être à la fois dans son corps et à distance afin de modifier les sensations corporelles », explique cette psychologue de l’hôpital qui abrite aujourd’hui le premier centre expert pour l’endométriose. Elle y initie à l’auto-hypnose pour que les patientes deviennent autonomes. « C’est une vraie roue de secours, considère Yasmine, responsable en relations publiques de 46 ans. Avec un peu de pratique, on arrive à se détacher de la douleur en la canalisant quand elle monte, ce qui évite de rentrer dans son tourbillon. »

S’épanouir malgré l’endométriose, c’est possible

« A chacune de trouver ce qui lui convient, mais il faut un accompagnement psychologique, estime Marie-Anne Mormina, auteure de La maladie taboue (éd. Fayard). On demande à la femme d’être une super-mère qui ne se plaint jamais et de réussir tant professionnellement que sexuellement. C’est difficile à atteindre, mais encore plus pour une victime d’endométriose. On doit pourtant vivre avec, le plus confortablement possible. »

Après son livre, Marie-Anne Mormina a lancé le blog Alter Endo, afin d’aider les femmes à s’épanouir malgré l’endométriose. Mais les mobilisations du mois de mars rappellent toujours qu’il faut davantage de monde en première ligne. Et d’abord des médecins capables, comme les puéricultrices formées à Rouen, de poser un diagnostic précoce par un simple interrogatoire. Pour que l’on ne dise plus à celle qui se tord de douleur que c’est normal.

Textes extraits de marieclaire.fr/gynécologie  (Par Brice Perrier, Elisabeth Alexandre)
Association française de lutte contre l’endométriose.
Revue « Fertility and Sterelity ».
http://www.endo-march.org

Inceste, viol : comment fonctionne la mémoire traumatique ?

Sidération, indifférence apparente, difficultés d’apprentissage, conduites à risque et addictives, violences à nouveau subies ou agies… Le Dr Muriel Salmona explique les conséquences psychotraumatiques des violences sexuelles sur les enfants et les mécanismes de réparation possibles, même des années plus tard.

Muriel Salmona est psychiatre, psychothérapeute et présidente de l’association « Mémoire traumatique et victimologie ».triste3

Sidération et dissociation : des mécanismes de survie

Quels sont les mécanismes traumatiques à l’œuvre lorsqu’un enfant est victime d’une violence sexuelle ?
Muriel Salmona :
Le premier est la sidération. Confronté à des violences terrorisantes et incompréhensibles, l’enfant se retrouve paralysé psychiquement et physiquement. Cet état est déclenché par l’amygdale cérébrale. C’est une alarme interne qui engendre la production d’hormones de stress (adrénaline et cortisol), le but étant de fournir à l’organisme le “carburant” (oxygène et glucose) pour fuir ou combattre. Le problème, c’est que cette alarme ne se calme pas toute seule : seul le cortex peut la moduler ou l’éteindre. Les adultes peuvent y parvenir en analysant la situation, en cherchant à la comprendre, en prenant des décisions. Pas les enfants, dont le cortex est totalement immature. L’alarme continue donc à “hurler”.

Ce mécanisme de survie devient-il dangereux pour l’organisme ?
L’organisme se retrouve en effet en état de stress extrême, avec des taux toxiques d’hormones, qui représentent un risque vital cardio-vasculaire et neurologique. Pour y échapper, comme dans un circuit électrique en survoltage, le cerveau fait disjoncter le circuit émotionnel à l’aide de neurotransmetteurs qui sont des “drogues dures” anesthésiantes et dissociantes (“morphine-like” et “kétamine-like”, endorphines et antagonistes des récepteurs de la NDMA). D’où un état d’anesthésie émotionnelle et physique, une sensation d’irréalité, d’étrangeté, d’absence qui donnent à l’enfant l’impression d’être spectateur des événements, de regarder un film. Le cortex est déconnecté. La réponse émotionnelle est éteinte. Cela s’appelle la dissociation.

Malheureusement, la dissociation permet à l’agresseur d’être tranquille…
En effet, car les victimes n’émettent pas de signaux de détresse. Elles sont figées. Ce qui leur est d’ailleurs reproché par la suite : « Pourquoi n’as-tu pas crié, fui, combattu, etc. ? » La dissociation devient un piège : les actes violents peuvent être de plus en plus extrêmes, sans que les victimes puissent réagir. Comme elles sont anesthésiées, leur seuil de résistance à la douleur est augmenté. C’est flagrant lors des viols en réunion d’adolescentes, qui sont sans réaction ou s’exécutent comme des robots. De plus, comme la dissociation transforme la victime en automate, l’agresseur fait ce qu’il veut et peut facilement lui imposer de participer aux violences et de répéter des phrases de pseudo-consentement (« Dis-moi que tu aimes ça, que c’est ce que tu veux ! »). Il pourra ensuite arguer que l’enfant était d’accord ! Rappelons que seule une jurisprudence permet de ne pas prendre en compte la notion de consentement pour les enfants de moins de 5 ans. À 6 ans, on n’a pas le droit d’aller chez le médecin tout seul, mais on peut se faire sodomiser par son cousin et être considéré comme complice ! C’est du délire !

Combien de temps dure la dissociation traumatique ?
triste4Des heures, des jours, des mois, voire des années si l’enfant continue à subir des violences ou s’il reste en contact avec l’agresseur et ses complices. Anesthésié émotionnellement, il semblera indifférent, déconnecté en permanence. C’est pourquoi de nombreuses victimes ne portent pas plainte, ou trop tard par rapport au délai de prescription. Cela explique aussi l’accueil souvent inadapté des proches et des professionnels. Face à une victime dissociée, ils ne peuvent percevoir ses émotions par le biais de leurs “neurones miroir”. La seule manière d’identifier sa souffrance est intellectuelle, à contre-courant de leurs ressentis qui indiqueraient plutôt du vide, du rien, du flou. Ils réagissent donc souvent par une absence d’empathie, une incrédulité, une minimisation, voire une totale remise en question des violences subies.

Encore une fois, l’enfant est victime de son mécanisme de survie…
Il va en effet être considéré comme débile, inconséquent, incapable de comprendre ce qui se passe et d’y réagir. Il sera en butte à des moqueries, des humiliations, des maltraitances. C’est, dans le film Polisse, la scène avec la jeune ado qui a été obligée de faire des fellations à plusieurs garçons pour récupérer son portable. Elle semble si indifférente à la situation que les policiers se moquent d’elle : « Et si on t’avait pris ton ordinateur portable, qu’est-ce que t’aurais fait ? » Et toute la salle de cinéma d’éclater de rire…

Que se passe-t-il dans les jours, les semaines, les années suivant l’agression, pour le psychisme ?
Une plongée en enfer. De manière plus ou moins consciente, la mémoire traumatique hante les victimes, les empêche d’être elles-mêmes. Tout y est mélangé, sans identification ni contrôle possible. Ainsi, l’indifférenciation vécue au moment des violences empêche la victime de faire le tri entre ce qui vient d’elle et ce qui vient de son agresseur. Il est ainsi très fréquent qu’elle ressente à la fois sa propre terreur, associée à une excitation et une jouissance perverses, qui sont celles de son bourreau. De même, elle ne peut se défendre des phrases assassines de l’agresseur (« Tu aimes ça », « C’est ce que tu mérites »). Et plus les violences ont eu lieu tôt dans la vie de la victime, plus elle se construit avec ce magma incompréhensible.

De quoi ne plus savoir qui on est…
Elle se sent à la fois être une moins que rien qui a peur de tout, déconnectée pour survivre, absente à elle-même ; une coupable dont elle a honte et qui mérite la mort (ce que l’agresseur a mis en scène et qu’elle finit par intégrer puisque cela tourne en boucle dans sa tête) ; une personne perverse qui pourrait devenir violente et qu’il faut sans cesse contrôler. La vie peut devenir un enfer, avec une sensation d’insécurité, de peur et de guerre permanente.

Des conduites à risque, d’évitement ou de contrôle, pour rester dissocié

Cela explique les phobies, les TOC, les angoisses ?
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Pour éviter tout ce qui pourrait déclencher l’insupportable mémoire traumatique, l’enfant met en effet en place des conduites d’évitement, d’hypervigilance et de contrôle. Cela peut prendre la forme de phobies ou de TOC, comme les lavages répétés ou les vérifications incessantes, par lesquelles il tente de se rassurer. Il se crée aussi fréquemment un monde parallèle où il se sent en sécurité et va se réfugier : une cabane, sa chambre ou un monde imaginaire. Non seulement ces conduites sont épuisantes et envahissantes, entraînant des troubles cognitifs, avec un impact négatif sur les apprentissages et la scolarité. Mais, en plus, elles sont souvent contrecarrées par l’entourage, et inefficaces face à la force de la mémoire traumatique. Pour empêcher qu’elle explose, ils adoptent donc des conduites qui entretiennent la dissociation.

En prenant ensuite des drogues, de l’alcool ?
Oui, notamment. Pour s’anesthésier, les enfants provoquent aussi compulsivement des situations de stress de plus en plus fort pour augmenter la quantité de drogue sécrétée par l’organisme. Par des conduites addictives (médicaments, troubles alimentaires…), autoagressives (se frapper, se mordre, se scarifier…), des mises en danger (sports extrêmes, jeux dangereux, conduites sexuelles à risque, situation d’abus renouvelé…) ou en étant hyper violents contre autrui. Le problème est double. D’un côté, ces conduites rechargent la mémoire traumatique et rendent les conduites dissociantes encore plus nécessaires. De l’autre, les drogues produites par le cerveau sont de moins en moins efficaces. Ils doivent donc aller toujours plus loin pour en sécréter plus. Incompréhensibles pour l’entourage, ces conduites isolent les victimes, qui semblent de plus en plus indifférentes car dissociées, et ont encore moins de chance d’être secourues. C’est un cercle vicieux.

Des violences minimisées ou mises en doute

Et lorsqu’ils révèlent ce qu’ils ont subi, les mineurs courent le risque de ne pas être crus, d’être mis en cause et maltraités…
Très fréquemment, les adultes ont en effet recours à des discours moralisateurs et culpabilisants. Je me souviens par exemple d’une petite fille qui écartait les jambes et se mettait, en public, des objets dans la vulve. Tout le monde la grondait, lui disait qu’il ne fallait par faire cela, que c’était mal élevé. En lui demandant simplement « Qui t’a fait cela ? », elle a désigné le coupable. Pareil lorsqu’un ado se scarifie ou tente de se suicider. Plutôt que de le culpabiliser ou de lui faire la morale, il faudrait lui demander quelles violences il a subies pour être dans une telle souffrance !

Les victimes mineures sont-elles décrédibilisées ?
C’est le cas pour toutes les victimes de violences sexuelles, et plus encore pour les mineurs. Plutôt que d’être reliés aux violences et au trauma, les symptômes sont retournés en accusation contre les victimes. Quand ils vont très mal, on les accuse d’être des enfants difficiles, agités, bizarres, peureux, timides, d’avoir des troubles du comportement, de la personnalité, des déficiences intellectuelles, des symptômes psychiatriques, etc. 95% des victimes considèrent que les violences ont eu un impact sur leur santé mentale : il est aberrant, pervers et cruel de retourner leur fragilité psychique contre elles ! C’est une preuve médicale de leur crédibilité ! Quand elles semblent ne pas aller si mal, parce qu’elles sont très dissociées et anesthésiées émotionnellement, les violences sont minimisées ou mises en doute.

Les fausses accusations existent-elles ?
Elles représentent en fait moins de 6% des allégations… et ne viennent jamais des enfants. Pourtant, tout le monde pense qu’elles sont fréquentes, d’où la réticence à signaler lorsqu’on se doute de quelque chose. C’est un puissant mécanisme de déni face à l’inimaginable. C’est pareil pour le prétendu “syndrome d’aliénation parentale” ou la “théorie des faux souvenirs”. Le premier a été inventé par un psychiatre américain qui, dans ses ouvrages, fait l’apologie de la pédophilie ! La seconde, en vogue à la fin des années 1990 aux États-Unis, a décrit une prétendue épidémie de dénonciations à partir de faux souvenirs qui auraient été induits par des thérapeutes. Depuis, un ensemble impressionnant d’études scientifiques ont au contraire démontré que les souvenirs retrouvés sont fiables.

Une mémoire “fantôme” hypersensible et incontrôlable

Comment est-ce possible d’oublier qu’on a été victime de violences sexuelles ?
Cela paraît étonnant, en effet, mais c’est un mécanisme physiologique : la disjonction du cortex est aussi à l’origine de troubles de la mémoire. Les circuits d’intégration sont interrompus, d’où des amnésies pendant des périodes plus ou moins longues (pour 59% des victimes de violences sexuelles dans l’enfance) ou complètes (pour 38%). Plus la victime est jeune et plus son agresseur est proche, plus l’amnésie est forte. Ces oublis durent parfois des décennies. Et lorsque les souvenirs réapparaissent, c’est le plus souvent brutalement, par surprise, avec des détails multiples et précis. Cela s’accompagne d’une détresse, d’un sentiment d’effroi, de sidération et de sensations abominables.

Comment expliquer ce retour brutal des souvenirs et des sensations, parfois après des décennies d’oubli ?
C’est lié à la mémoire traumatique. En temps normal, une structure du cerveau appelée hippocampe se charge d’intégrer les événements vécus et de transformer la mémoire émotionnelle en mémoire autobiographique, accessible et verbalisable. Mais lorsque le cerveau disjoncte, la mémoire émotionnelle, qui n’est pas traitée par l’hippocampe, devient traumatique. Enkystée, c’est une mémoire “fantôme” hypersensible et incontrôlable, une “boîte noire” qui reste active. Si bien que les victimes vivent dans une terreur, une douleur et un désespoir permanents. Elles vivent aussi des sensations soudaines d’être en grand danger, écrasées, frappées, de perdre connaissance, de mourir, d’avoir la tête ou le corps qui explose, des suffocations, etc.

Qu’est-ce qui fait “exploser” cette mémoire traumatique et revenir les souvenirs ?
Cela peut être la disparition de la dissociation, quand la victime est enfin sécurisée, par exemple. Ou quand elle subit une violence de trop, qui dépasse ses capacités de dissociation. Ou quand une situation, une sensation, une lumière, une odeur rappelle les violences ou lui fait craindre qu’elles ne se reproduisent. La mémoire traumatique peut se rallumer des mois, voire de nombreuses années après les violences. Elle fait alors revivre à l’identique, avec le même effroi et la même détresse, les événements, les émotions et les sensations qui y sont rattachés.

Se faire accompagner par un “démineur professionnel” pour “revisiter” le vécu des violences 

Comment les victimes se sortent-elles de cet enfer ?
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Pour s’en sortir, il faut que la mémoire traumatique soit retraitée en une mémoire autobiographique. Il faut déminer ce magma qui fait bugger le cerveau. Cela se fait en “revisitant” le vécu des violences, accompagné pas à pas par un “démineur professionnel” en mettant des mots sur chaque situation, sur chaque comportement, sur chaque émotion, en analysant avec justesse le contexte, ses réactions, le comportement de l’agresseur, ce qui permet de sortir de la dissociation. Il s’agit de remettre de la chronologie, de faire des liens, d’expliquer au patient les mécanismes du trauma et de remettre le monde à l’endroit. Nul besoin de médicament, sauf pour diminuer la souffrance et le stress lorsqu’ils sont trop importants (anxiolytiques de façon ponctuelle, antalgiques et bêtabloquants pour diminuer la sécrétion d’adrénaline). Peu à peu, les atteintes neurologiques sont réparées et les stratégies de survie deviennent inutiles. Tout cela prend du temps et doit se faire au rythme du patient, avec une psychothérapie de fond. Il est dangereux aujourd’hui de ne proposer aux patients que des thérapies “outils”, comme l’hypnose, l’EMDR ou les TCC, sans travail de psychothérapie au long cours. Certes, c’est pratique, vite fait et ça ne coûte pas cher. Mais ce sont des bombes à retardement.

Certaines psychothérapies peuvent-elles aggraver les symptômes traumatiques ?
Oui, parce qu’elles ne permettent pas au récit d’émerger progressivement, de manière que le cerveau puisse l’élaborer à son rythme. Non seulement elles peuvent faire à nouveau effraction pour le patient, mais elles renforcent la dissociation. Ce que font déjà très bien les victimes toutes seules, en écoutant de la musique très fort, en se collant à des jeux vidéo ultra violents, ou en s’anesthésiant avec de la drogue ou de l’alcool. Pas besoin de psy pour ça !

Est-il parfois trop tard pour se soigner du traumatisme ?
Plus la prise en charge est précoce (idéalement, dans les douze heures), moins le traumatisme sera prégnant. Cependant, même des années après, il est possible de traiter la mémoire traumatique et de “réparer” l’effraction psychique initiale et que la personne puisse enfin reprendre librement le cours de son existence. Il faut, comme le disait si joliment la psychanalyste Alice Miller, « abattre le mur du silence et rejoindre l’enfant qui attend ».

Article de Cécile Guéret
extrait de inceste-viol-protegeons-les-enfants.psychologies.com
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Ne confondez pas relation, couple et amour

La relation compte parmi les mystères. Et comme elle existe entre deux personnes, elle dépend de l’une et de l’autre.

couple35Chaque fois que deux personnes se rencontrent, un monde nouveau est créé. Rien que par leur rencontre, un nouveau phénomène voit le jour – un phénomène qui n’existait pas auparavant, qui n’avait jamais existé. Et par ce phénomène nouveau, les personnes sont toutes deux changées et transformées. Sans relation, vous êtes une chose ; sitôt en relation, vous en devenez une autre. Quelque chose de nouveau est apparu. Lorsqu’une femme devient amoureuse, elle n’est plus la même femme. Lorsqu’un homme devient père, il n’est plus le même homme.

Un enfant vient au monde, mais nous perdons complètement de vue un point : au moment où naît l’enfant, naît également la mère. Celle-ci n’existait pas avant. La femme existait, mais la mère n’avait jamais existé. Et une mère est quelque chose d’absolument nouveau. La relation est crée par vous et ensuite, à son tour, la relation vous crée.

Deux personnes qui se rencontrent, c’est deux mondes qui se rencontrent. La chose n’est pas simple, mais au contraire très complexe, la plus complexe qui soit. Chaque personne est un monde en elle-même : un mystère complexe, avec un lointain passé et un futur éternel.

couple34Au départ de la relation, seules les périphéries se rencontrent. Mais si la relation croît en intimité, devient plus proche, devient plus profonde, alors peu à peu, les centres commencent à se rejoindre. Lorsque les centres se rejoignent, c’est ce qu’on appelle l’amour. Lorsque les périphéries se rencontrent, cela s’appelle faire connaissance. Vous prenez contact avec l’autre, de l’extérieur, juste à partir du bord : vous faîtes alors connaissance. Fréquemment, vous vous mettez à appeler votre rencontre amour. Vous êtes alors dans l’erreur. Faire connaissance n’est pas aimer.

L’amour est chose très rare. Rencontrer quelqu’un en son centre, c’est passer soi-même par une révolution, car si vous voulez rencontrer quelqu’un en son centre, il vous faudra lui permettre d’arriver, lui aussi à votre centre. Il vous faudra devenir vulnérable, absolument vulnérable, ouvert. C’est risqué. Laisser arriver quelqu’un à votre centre est risqué, dangereux, car vous ne savez pas ce qu’il va vous faire. Et une fois tous vos secrets connus, une fois votre intimité dévoilée, une fois que vous êtes complètement exposée, que fera-t-il ? Vous ne le savez pas. Et la peur est là. C’est pourquoi nous nous ouvrons jamais.

Une simple rencontre, et nous pensons que l’amour est arrivé. Les périphéries se touchent et nous croyons que nous sommes rencontrés. Vous n’êtes pas votre périphérie. En réalité, la périphérie est la frontière où vous finissez, c’est la palissade qui vous entoure. Ce n’est pas vous ! La périphérie est le lieu où vous finissez et où commence le monde. Même des maris et des femmes qui auraient vécu ensemble depuis de nombreuses années peuvent être des étrangers, ils ne se connaissent pas l’un l’autre. Et plus longtemps vous vivez avec quelqu’un, plus vous oubliez complètement que vos centres sont restés inconnus.

La première chose à comprendre est donc : ne confondez pas relation, couple et amour. Même si vous faites l’amour, même si vous avez une relation sexuelle, le sexe est, lui aussi, à la périphérie. A moins que les centres se rencontrent, le sexe n’est que la rencontre de deux corps. Et la rencontre de deux corps n’est pas votre rencontre. Le sexe, lui aussi, reste une relation superficielle – physique, corporelle, mais toujours superficielle. Mais vous ne pouvez permettre à quelqu’un de pénétrer jusqu’en votre centre que si vous n’avez pas peur, que si vous n’avez aucune crainte.

couple33Aussi, je vous dis qu’il y a deux sortes d’existence. L’une est dirigée par la peur, l’autre par l’amour. Vivre dans la peur ne pourra jamais vous permettre une relation profonde. Vous restez craintif et vous ne pouvez laisser faire l’autre : vous ne pouvez lui permettre d’entrer en vous vraiment jusqu’à votre cœur. Vous tolérez l’autre jusqu’à un certain point, et puis c’est le mur et tout s’arrête. Celui dont la vie est tournée vers l’amour est l’être religieux et spirituel. Etre tourné vers l’amour veut dire : ne pas avoir peur de l’avenir, ne pas avoir peur du résultat ni des conséquences : vivre ici et maintenant. (…)

Texte extrait d’Osho , Mon chemin, le chemin des nuages blancs

Le jour où je me suis aimée pour de vrai

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Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai compris qu’en toutes circonstances,
j’étais à la bonne place, au bon moment.
Et alors, j’ai pu me relaxer.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle estime de soi.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai pu percevoir que mon anxiété et ma souffrance émotionnelle
n’étaient rien d’autre qu’un signal
lorsque je vais à l’encontre de mes convictions.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle authenticité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé de vouloir une vie différente,
et j’ai commencé à voir que tout ce qui m’arrive contribue
à ma croissance personnelle.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle maturité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai commencé à percevoir l’abus dans le fait de forcer une situation,
ou une personne,
dans le seul but d’obtenir ce que je veux, sachant très bien
que ni la personne ni moi-même ne sommes prêts,
et que ce n’est pas le moment.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle respect.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai commencé à me libérer de tout ce qui ne m’était pas salutaire :
personnes, situations, tout ce qui baissait mon énergie.
Au début, ma raison appelait ça de l’égoïsme.
Aujourd’hui, je sais que ça s’appelle amour-propre.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé d’avoir peur du temps libre et j’ai arrêté de faire des grands plans.
Aujourd’hui, je fais ce qui est correct, ce que j’aime,
quand ça me plait et à mon rythme.
Aujourd’hui, j’appelle ça simplicité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé de chercher à toujours avoir raison,
et je me suis rendu compte de toutes les fois où je me suis trompé.
Aujourd’hui, j’ai découvert l’humilité.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai cessé de revivre le passé et de me préoccuper de l’avenir.
Aujourd’hui, je vis au présent, là où toute la vie se passe.
Aujourd’hui, je vis une seule journée à la fois, et ça s’appelle plénitude.

Le jour où je me suis aimée pour de vrai,
j’ai compris que ma tête pouvait me tromper et me décevoir.
Mais si je la mets au service de mon cœur,
Elle devient une alliée très précieuce.

Kim McMillen

Poème de l’écrivaine Kim Mc Millen publié par sa fille Alison Mc Millen en 2001.

Viol – crime ou délit ?

Ce que dit la loi

¤ Le viol est un crime ( Jugé en Cour d’assise)
« Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur la personne d’autrui, par violence, contrainte, menace ou surprise, est un viol. » Article 222.23 du Code pénal.
Chaque terme a son importance :
pénétration sexuelle : c’est ce qui distingue le viol des autres agressions sexuelles ;
de quelque nature qu’il soit : ceci désigne toute pénétration sexuelle, qu’elle soit vaginale, anale (sodomie) ou orale (fellation), ou pénétration sexuelle par la main ou des objets ;
commis sur la personne d’autrui : ceci désigne soit une femme, soit un homme, soit un enfant – fille ou garçon – que la victime soit connue ou inconnue de l’agresseur ; ce dernier peut être extérieur à la famille ou lui appartenir (viol incestueux, viol conjugal) ;
par violence, contrainte, menace ou surprise : ceci désigne les moyens employés par l’agresseur pour imposer sa volonté, au mépris du refus ou de l’âge de la victime ; c’est le non-consentement ou l’abus de minorité qui caractérisent le viol.

¤ Les autres agressions sexuelles sont des délits (Jugées au Tribunal correctionnel)
« Constitue une agression sexuelle toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise. » Articles 222.22 et 222.27 du Code pénal
– Ce sont des atteintes sexuelles autres que le viol, commises avec violence, contrainte, menace ou surprise. Elles ne sont pas toutes définies avec précision dans le Code pénal, mais regroupent par exemple les attouchements, la masturbation imposée, la prise de photos ou le visionnage pornographique sous contrainte, que ce soient des actes que l’agresseur pratique sur sa victime ou bien qu’il contraigne sa victime à les pratiquer sur lui.
L’exhibition sexuelle, imposée à la vue d’autrui dans un lieu accessible aux regards du public, est également un délit d’agression sexuelle.
Le harcèlement dans le but d’obtenir des faveurs de nature sexuelle est puni par la loi.
Le bizutage se définit par le fait d’amener autrui, contre son gré ou non, à subir ou à commettre des actes humiliants ou dégradants, notamment à connotation sexuelle, lors de manifestations ou de réunions liées au milieu scolaire et socio-éducatif : par exemple, mettre en scène ou représenter un rapport sexuel, une fellation, un acte de sodomie, etc. Selon la loi n° 98-468 du 17 juin 1998, le bizutage est un délit, même en l’absence d’atteintes sexuelles caractérisées.

¤ Les atteintes sexuelles sans violence sur mineur(e)s sont également des délits
C’est le fait « par un majeur, d’exercer sans violence, contrainte, menace ni surprise une atteinte sexuelle sur la personne d’un mineur de moins de quinze ans. » Article 227.25 du Code pénal
Le délit d’atteinte sexuelle est constitué même s’il est commis sans violence, contrainte, menace ni surprise, dès lors que la victime est un(e) mineur(e) de moins de 15 ans.
Si la victime est âgée de 15 à 18 ans, le délit d’atteinte sexuelle n’est constitué que lorsqu’il est commis par un ascendant, une personne ayant autorité ou abusant de l’autorité que lui confèrent ses fonctions (Art. 227.27 C.P)

Plus d’info sur le site : https://www.cfcv.asso.fr – SOS victimes de viols tel : 0 800 05 95 95

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Le viol peut être perçu comme un délit ou un crime.

Une différence aux enjeux considérables. Explications avec Gérard Lopez, président de l’Institut de victimologie, texte tiré du nouvelobs

80 % des viols jugés en correctionnel

femme4Les associations s’indignent et pointent qu’environ 80 % des viols qualifiés sont jugés en correctionnel. Ils sont déqualifiés en délits. Nous préférons parler de disqualification.

Les arguments classiques, pour la correctionnalisation du viol, ne font pas allusion au fait qu’un procès correctionnel – quelques heures – est moins coûteux qu’un procès devant la cour d’assises – plusieurs jours – ni que, par manque de moyens, la justice ne peut fonctionner correctement.

Il ne s’agirait pas de désengorger les cours d’assises déjà envahies par les crimes sexuels. Non ! Les arguments classiques en faveur de cette injustice sont les suivants :

– l’attente pour être jugé en cour d’assises est longue
– la solennité de la cour d’assises est difficile à supporter pour des victimes fragiles
– les jurés étant moins compétents que des magistrats, les verdicts y sont aléatoires
– le critère économique, mais à rebours, les dommages et intérêts que perçoivent les victimes sont équivalents quelque soit la juridiction de jugement.

Une déqualification au bénéfice des victimes ? Pas sûr

Cet argument serait-il important pour les avocats qui donnent leur accord pour la correctionnalisation dans la mesure où il perçoivent en général un pourcentage sur les indemnisations ? Pourtant, la solennité de la cour d’assises est une reconnaissance de la gravité du crime commis et subi et participe à la réparation psychologique de la victime, à condition qu’elle soit bien accompagnée par un avocat et une association compétente comme par exemple, le Collectif contre le viol, et si elle bénéficie de soins si son état le nécessite.

Ce projet de loi, pas plus que la proposition de loi visant à l’allongement de la prescription des viols votée par le Sénat, n’apporte la moindre amélioration contre cette injustice flagrante. Les viols correctionnalisés continueront à tomber sous le régime de la prescription des délits, rendant inutile cette belle initiative.

En clair, rien n’empêchera que 80 % des viols continuent à être jugés devant les tribunaux correctionnels.

La femme tantrique

Le Tantra éveille la femme à la spiritualité à travers sa conscience sensuelle et sexuelle.

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Elle contient le féminin sacré, ce qui veut dire que sa nature divine est présente au quotidien.

La Voie du Tantra autorise la femme à trouver un axe intérieur pour vivre différemment sa sexualité, la relation à soi, à l’autre et au monde.

Plusieurs étapes ou initiations pour aller vers cet axe, dont trois importantes de mon point de vue (l’ordre chronologique posé ici n’est qu’un exemple) :

  1. La première est de reconnecter le lien à la mère mais dans son altérité et sa différence. Ce qui lui permet de s’inscrire dans sa lignée de femmes et se sentir reliée à toutes les femmes du monde.

    Ainsi, elle reconnaît elle-même le lien ontologique de sa nature femelle : naître et être de sexe féminin avec la vision et la préhension du monde qui en découlent. Ce qui n’est pas une « mince affaire » car cela signifie se différencier du modèle masculin. On voit que dans beaucoup de traditions ou religions, la femme n’a pas d’autre choix que de suivre ce qui est proposé par l’homme ou par un « Dieu »masculin…

  1. La deuxième, être capable de ressentir la femme sauvage qui est en elle, pour distinguer de l’intérieur, la différence entre puissance et violence. Ce qui lui permet d’accepter le masculin de l’homme dans son expression et non plus en le castrant ou en devenant victime.

    S’approprier la puissance de la femme car, seule, la puissance de la mère est reconnue comme légitime. Pour la femme, savoir dire non pour pouvoir poser des oui assumés et conscients, est un chemin vers sa liberté. Ainsi, elle sort des rôles de mère ou de fille dans la relation de couple. Elle s’affranchit de la « domination émotionnelle » dans laquelle elle est enfermée.

  1. La troisième étape est de s’initier à une très bonne connaissance de son corps. La femme tantrique sait connecter son sexe (yoni*) de l’intérieur pour le sentir vivant et existant.

    Petit à petit, elle s’enseigne le savoir sensuel inhérent à sa nature féminine. Cet auto apprentissage, la femme le reçoit dans l’être et le non faire, comme nous l’avons un peu expérimenté dans l’atelier au festival du féminin.

Dans le Tantra, la personne souffrante laisse place à la divinité en soi. Le beau, la sensualité et l’amour émergent alors, de la Femme – Déesse. La femme tantrique se découvre à ne plus «faire l’amour» mais vivre l’amour, donner et recevoir, sans but ni recherche particulière que celle d’être dans le présent et de ce qui va se créer entre soi et l’autre.

La sexualité est vécue comme une voie spirituelle qui passe par le respect, la joie, la tendresse.

A l’intérieur de soi, le masculin sacré se pose à côté du féminin sacré et vice-versa.

La sexualité féminine est un univers à découvrir, dont nous savons peu. La femme ayant le plus souvent orientée sa sexualité en « réponse, en écho» à la sexualité masculine.

Hors le féminin ne s’épanouit que dans un contexte secure : il doit se sentir parfaitement accueilli, sans intention ni projet d’être possédé. Dans cet état d’être et d’esprit, le féminin fleurit. Il crée du bonheur autour de lui, le masculin est alors transcendé et trouve naturellement sa légitimité. Il n’y a plus de lutte de place et de résultat pour les partenaires. Dans ces moments, les 2 personnes savent « d’instinct » se créer des espaces sacrés pour prendre le temps de s’aimer. Alors la part divinisée, féminine et masculine de chacun, éclos et ouvre le chemin d’une sensualité et d’une sexualité sans fin. Nulle menace ne doit venir troubler ce qui s’ouvre. Sinon tel le nénuphar qui se referme, le féminin sacré s’en va, et la magie est partie. Revient alors une sexualité connue. Cette magie du Tantra est souvent reconnue par les pratiquants.

Couple

Nous comprenons ici, comment les hommes et les femmes doivent progresser ensemble, s’entraider, aller vers une confiance mutuelle. Ce qui s’exprime à l’extérieur, la relation pacifiée, s’exprime à l’intérieur par un épanouissement à soi et à la vie, plus heureux.

Dans le tantrisme ou Tantra, il est reconnu que la femme est pure et sacrée par essence. Il s’agit de ses cellules, de son énergie comme un fait ontologique, et non pas comme quelque chose à acquérir ou à atteindre. Cela change tout. C’est la découverte de la force et du caractère pleinement sacré d’être femme.

Dans le Tantra, la femme (Shakti**) vit et pratique non seulement sur un plan d’égalité avec les hommes (Shivas**) la poursuite d’une transformation spirituelle mais dans beaucoup de cas montre même le chemin. Elle est l’initiatrice. Pour les hommes pratiquants tantriques, le féminin doit être honoré et vénéré comme la valeur qui apporte l’éveil au monde. Le féminin chez la femme mais aussi à l’intérieur de lui.

L’enjeu de la femme tantrique est d’affirmer ces valeurs, et les maintenir dans sa vie, face à une société pas toujours prête à les recevoir. Il est possible d’imaginer que si la vision féminine du monde s’exprime totalement, soutenue par les hommes, les choses changeront. Elle ne doit pas être vue comme complémentarité à celle de l’homme mais comme légitime à part entière.

Beaucoup de peurs sont présentes dans la sexualité aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Des traumatismes anciens tels que viols, incestes, abus, des relations sexuelles qui se sont mal passées, freinent l’évolution de la sexualité et rendent les rapports sexuels maladroits et infantiles Sans parler des interdits culturels, des tabous familiaux, de la pornographie etc.

C’est pourquoi, le chemin de la femme vers une sexualité sacrée assumée est source de transcendance et de changement. Changement pour soi, comme écrit plus haut, mais aussi par résonance, changement pour les femmes, les jeunes filles, les filles autour de soi. La femme qui met au monde sa sexualité de femme sacrée est un être humain libre.

* Yoni (sanskrit), dans l’hindouisme, désigne la vulve, le sexe féminin. Souvent traduit au masculin, je l’emploie volontairement au féminin : la yoni.
** Shakti représente l’énergie féminine, et dans la pratique tantrique la femme, la déesse. Shiva, divinité hindoue, dans la pratique tantrique, représente l’homme, le dieu.

Marisa Ortolan ,
Femme Tantrique, Thérapeute psycho-corporelle, Enseignante de Tantra.
En savoir plus sur l’auteure, son site web : http://www.marisa-ortolan.com
Texte tiré de l’article : http://www.feminiteetspiritualite.com/2017/02/01/la-femme-tantrique/

Stage pour les Hommes

Stage spécifique pour Hommes … Unique, initiatique !
jlucasStage animé par Jacques LUCAS (du 30/03 au 2/04 2017) près de Montpellier.
(Plus d’infos : jacques-lucas.fr ou  Evenement FB)
S
e déroulera en parallèle un stage  » Femme Tantrique » animé par Vasanti Vachet ( vasanti@free.fr ).  Une rencontre ritualisée est programmée. Le prix du stage est de 470 € (sans les frais d’hébergement) Inscrivez-vous par mail : jacluc@wanadoo.fr ou par téléphone : 0680653529. Un stage « tantra-Homme » 2 (nouveau programme) est en gestation. Les dates vous seront précisées ultérieurement
Témoignages :
Michael R.: « Sûrement LE stage que tout homme doit accomplir dans sa vie. Comme un passage initiatique dans son chemin d’homme »
Pascal F.: »Oui, tout à fait !!!! « Un passage initiatique », j’aime beaucoup ce terme pour définir ce stage si puissant !!! »

 

Le clitoris en 3D

A quoi ressemble ce clitoris en 3D  ?

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Considérée comme une petite révolution dans le domaine de l’éducation sexuelle, cette reproduction en taille réelle va faire son entrée dans les cours de SVT pour aider les élèves à mieux connaître cet organe entièrement dévoué au plaisir féminin.

On sait (vaguement) qu’il existe, son nom fait rougir et sourire, il fait partie intégrante de la femme et pourtant, lorsqu’il n’est pas carrément diabolisé et mutilé, le clitoris, , reste injustement méconnu de la majorité de la population. Parce qu’il est complexe et qu’on ignore encore beaucoup de choses à son sujet et parce qu’il est lié au plaisir et pas uniquement à la reproduction, il est, aujourd’hui encore, aussi peu visible dans les manuels scolaires que sur le corps humain.
Une absence remarquable à laquelle la chercheuse française Odile Fillod a voulu remédier grâce à cette technologie formidable qu’est l’impression 3D. Car le négliger, c’est négliger celles qui en sont pourvues (la moitié de l’humanité, on le rappelle, au cas où). Avec l’aide d’une amie artiste, Marie Docher, elle a donc modélisé en taille réelle cet organe et mis à disposition, libre de droits, sa maquette en téléchargement (ici) pour que tous les professeurs et curieux puissent lui donner vie en plastique (biodégradable), découvrir et enseigner ses secrets. (Voir la Vidéo du  CLITORIS 3D de Marie Docher sur Vimeo.)

Long de 10 cm (la taille moyenne), pourvu de son gland, de ses bulbes du vestibule, et de ses racines, le clitoris nous montre enfin concrètement sa face cachée et n’est plus ce petit haricot figurant dans les livres au chapitre « reproduction et sexualité ». Deux concepts que le nouveau programme prévoit d’ailleurs bien de distinguer car ils sont trop souvent arbitrairement associés. Pour ce faire, il est donc indispensable de faire sortir de l’ombre cet organe du plaisir afin que les collégiens et lycéens, filles comme garçons, lui attribuent la place et l’importance qu’il mérite. Pour le moment, il est si souvent éludé que selon un récent rapport du Haut Conseil à l’égalité (HCE), un quart des filles de 15 ans ne savent pas qu’elles ont un clitoris, et 83 % des collégiennes de 4e et de 3e ignorent sa fonction.

clitorisDans un souci de représenter la sexualité de manière égalitaire, non-stéréotypée, c’est-à-dire centrée sur le plaisir masculin physique quand le féminin serait essentiellement « cérébral », et donc non-sexiste, et tout simplement correcte, l’introduction du clitoris est un devoir. Comment faire comprendre aux jeunes filles qu’il est normal de ne pas jouir par voie vaginale sinon ?
« Il est essentiel que les femmes sachent que l’équivalent du pénis chez elles n’est pas le vagin, mais le clitoris. Les femmes ont des érections lorsqu’elles sont excitées, mais elles restent invisibles parce que le clitoris est interne. Je voulais montrer que les hommes et les femmes ne sont pas foncièrement différents« , insiste auprès du journal britannique Guardian Odile Fillod. Contrairement à ce qu’affirme le média, l’objet ne sera pas présent dans toutes les classes et chaque prof de SVT pourra choisir de le montrer ou non.

Cette création a provoqué un véritable engouement dans la presse étrangère et sur la Toile, preuve qu’il était grand temps qu’elle voie le jour. Ne serait-ce que pour illustrer d’autres articles sur le sujet, un rapide tour sur les banques d’images prouvant qu’il n’y a pas que dans les manuels que le clito brille par son absence.

 

Le clitoris, un organe pas comme les autres

Le clitoris, organe du plaisir…

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Organe du plaisir par excellence, le clitoris jouit de nombreux surnoms et sobriquets, clito, berlingot, bouton, haricot, petit pois… Il est la source de plaisir principale pour la majorité des femmes. Mieux le connaitre, vous permettra d’encore mieux en profiter ! Petit tour d’horizon d’un organe pas comme les autres.

L’anatomie du clitoris

Le clito est composé de différents élément :

Le gland : Le gland du clitoris est extrêmement riche en corpuscules de Kraüse, capteurs de sensations de plaisir. Il en est tellement riche, qu’il y en a deux à trois fois plus à sa surface que sur le gland du pénis, et cela pour une surface bien plus petite ! Alors, d’ici à penser que les femmes ressentent trois fois plus de plaisir que les hommes, il n’y a qu’un pas.

Autour du gland : certaines femmes ont un gland si sensible qu’il est impossible de le toucher directement. Il suffit de prodiguer des caresses tout autour, car la moindre petite pression est transmise immédiatement à ce clitoris hypersensible.

La tige : C’est une sorte de petit cylindre qui remonte sur l’os du pubis. Lors de l’excitation, un frottement appuyé à cet endroit produit des sensations très voluptueuses. C’est aussi l’intérêt d’une position où le pubis de l’homme appuie sur le pubis féminin : mine de rien, il stimule le clitoris.

Sensibilité du clitoris

Dans le vagin sur les bords : c’est là qu’aboutissent les racines du clitoris. C’est pourquoi des caresses relativement appuyées des deux côtés du vagin, tout près de l’entrée peuvent procurer de très fortes sensations !

Les vibrations : Le clito est très sensible aux vibrations. C’est bon à savoir pour une femme qui n’a jamais éprouvé d’orgasme. En utilisant un appareil vibrant (vibromasseur ou autre) appliqué sur le clitoris, elle va presque à coup sûr déclencher un orgasme.

Des caresses, encore des caresses
Dès le plus jeune âge, c’est par l’auto-caresse de ce petit organe que la femme érotise son corps, puis son vagin. En revanche, une fois stimulé par un partenaire masculin, les effets ne sont pas toujours les mêmes. Et pour cause : beaucoup d’hommes ont une vision trop simpliste et utilitaire du clitoris et sont maladroits dans leurs caresses

Nos conseils pour encore plus de plaisir

 Le clitoris étant un organe très sensible, la stimulation doit se faire de manière très délicate. Les doigts, les lèvres, la langue, tout est permis. Cependant, la langue apparaît comme le meilleur stimulant et nombre de femmes connaissent l’orgasme par cunnilingus. La tige peut aussi être stimulée, par exemple en appuyant sur le pubis. En caressant les deux côtés du vagin où se situent les racines du clitoris, on peut également provoquer de réelles sensations de plaisir.

Utiliser un lubrifiant pour rendre les caresses encore plus excitantes, l’utilisation d’un lubrifiant simple peut accentuer énormément le plaisir.
Caresser le clito pendant la pénétration (avec les doigts ou le bout du pénis) : Parmi les femmes qui se disent  » vaginales « , environ 50 % avouent avoir besoin d’une stimulation clitoridienne pour parvenir à l’orgasme. Alors, il y a sans doute beaucoup de femmes vaginales qui s’ignorent : celles qui ont besoin de ce  » starter  » clitoridien !
Pratiquer le pont de l’orgasme : quand une femme connaît l’orgasme clitoridien, mais ignore l’orgasme vaginal, la méthode du pont peut faire passer la connaissance orgasmique vers le vagin. Il suffit de s’approcher de l’orgasme clitoridien et de continuer à le caresser tout en pratiquant une pénétration. Le vagin finira par comprendre que lui aussi peut mener à l’orgasme.

Femme clitoridienne ou vaginale : un débat obsolète ?

La majorité des femmes sont clitoridiennes et atteignent facilement l’orgasme clitoridien. Cependant, pour nombre de scientifiques, le débat femme clitoridienne-femme vaginale est aujourd’hui dépassé. En effet, lorsque l’orgasme survient, c’est parce que le complexe clitoridien a été stimulé, soit directement, soit à travers la paroi du vagin. Ainsi, si 30 % des femmes ont un orgasme lors d’un rapport sexuel, cela signifierait que pour les 70 % restants, le clitoris n’a pas pu jouer son rôle.

Même chez les femmes qui se disent vaginales, la moitié reconnaît avoir recours à une stimulation clitoridienne pour parvenir à l’orgasme. Inversement, un orgasme clitoridien est toujours aussi vaginal car le vagin se contracte de manière involontaire et rythmique.

Un mystère pour les hommes
Symbole de l’autonomie sexuelle de la femme, le clitoris reste un objet de mystère pour la gente masculine, mais aussi un objet de crainte. En effet, 95 % des femmes accèdent à l’orgasme en quelques minutes en stimulant elles-mêmes leur clitoris. Au Moyen-âge, le clitoris était même surnommé « le mépris de l’homme » dans certaines régions d’Europe.
Le clitoris diabolisé
Au 19e siècle, le clitoris est décrété « organe inutile » par les scientifiques. Le vagin acquiert une primauté incontestable sur un clitoris qui devient diabolisé.

En Europe et aux Etats-Unis, jusque dans les années 1930, la pratique de l’excision se répand, pour empêcher la masturbation, mais aussi car on soupçonne le clitoris d’être la cause de maladies telles que l’hystérie ou l’épilepsie.
Aujourd’hui, 150 millions de femmes dans le monde sont victimes de ce genre de pratiques, dans des pays qui s’étendent principalement des Etats arabes à l’Inde. La France aussi est concernée, avec environ 30 000 femmes ou jeunes filles excisées.

Texte issu : http://www.aufeminin.com/sexe/clitoris-s641139.html