Endométriose : pourquoi ça fait si mal ?

Première cause d’infertilité en France, l’endométriose touche une femme sur dix en France. Sa cause demeure mystérieuse et pourtant, les douleurs qu’elle provoque pendant les règles sont bien réelles.

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L’endométriose se révèle toujours par un symptôme : d’insoutenables douleurs pendant les règles. « Ce n’est pas normal d’avoir mal », souligne la gynécologue.

L’endométriose, qu’est-ce que c’est ?

L’endométriose, est due à la multiplication anarchique des cellules de l’endomètre qui, au lieu de rester dans l’utérus, migrent sur les ovaires, les intestins, la vessie, le rectum, les reins et le diaphragme, déclenchant des douleurs intenses.

L’endométriose résulte de l’écoulement de l’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus qui se développe entre chaque menstruation pour accueillir un éventuel embryon. Quand aucun ovule n’a pas été fécondé, l’endomètre se délite dans le mélange de chair et de sang que sont les règles.

« Sauf que tout ne se dirige pas vers la sortie, par le vagin. Une part s’évacue dans le ventre par les trompes », explique la gynécologue obstétricienne Isabella Chanavaz-Lacheray. « Chez la plupart des femmes, cela ne pose pas de problème, car l’organisme arrive à l’éliminer. Mais pour certaines, il y a comme un défaut de ménage inexpliqué. Les cellules d’endomètre vont alors vivre leur vie en se posant sur des organes », ajoute la spécialiste.

Une douleur anormale pendant les règles

triste8Les règles peuvent certes générer un inconfort, mais elles ne doivent pas provoquer de façon récurrente une insupportable douleur. Donc, si l’on doit, à chaque fois, prendre des antalgiques ou des anti-inflammatoires, si on fait des malaises ou que l’on doit rester alitée, si cette période provoque de l’absentéisme scolaire ou professionnel, alors il convient de consulter. Et comme l’endométriose est une maladie évolutive qui compte quatre stades témoignant de l’accumulation de ses lésions, on n’attend pas.

Des troubles associés

Se répandant sur de multiples organes, l’endométriose prend des formes très variées. Ses symptômes peuvent faire penser à d’autres affections : troubles digestifs, urinaires, pubalgie, entre autres. Un interrogatoire bien mené suffit néanmoins à la détecter.
Des examens (IRM, échographie, cœlioscopie…) devraient confirmer le diagnostic, sauf au premier stade, qui passera le plus souvent inaperçu.

La problématique de l’enfantement

L’endométriose est à l’origine d’un cas de stérilité sur trois, et la non-fécondité conduit très souvent à son diagnostic tardif.
« Il a fallu une fausse couche pour qu’une IRM révèle que j’avais des cellules d’endomètre (NDLR : muqueuse qui tapisse la paroi utérine dont la migration des cellules est à l’origine de la douleur) partout », s’indigne Audrey, 26 ans, assistante dentaire pour qui devenir mère ressemble depuis lors à un parcours du combattant.
triste10Ménopause artificielle, morphine, opération suivie de l’apparition d’un nouveau kyste et du retour de la douleur. « Je dois maintenant passer par une procréation médicalement assistée, mais la stimulation hormonale qu’elle implique stimule aussi la maladie », soupire la jeune femme. Ce calvaire de l’enfantement arpenté par de nombreuses femmes alimente l’idée d’un Graal à atteindre. A 36 ans, Marie vit ainsi son second congé maternité comme un message d’espoir pour toutes celles qui endurent ce qu’elle a vécu. Des années d’échecs et de souffrance avant d’être enceinte à la cinquième fécondation in vitro. « J’ai allaité le plus longtemps possible pour retarder le retour des règles. Et deux mois après, je suis retombée naturellement enceinte, sans le chercher, alors que j’avais passé dix ans à compter les jours et à mesurer ma température tous les matins. C’est la preuve que tout est possible. »

Des solutions pour lutter contre la douleur

Des approches plus douces que les opérations et les traitements hormonaux peuvent jouer un rôle complémentaire. Ostéopathie, réflexologie ou acupuncture s’avèrent pour beaucoup un moyen efficace d’atténuer la douleur, tandis que l’hypnose va la transformer, comme l’observe Sophie Bonnet au CHU de Rouen.
triste9« Cela permet d’être à la fois dans son corps et à distance afin de modifier les sensations corporelles », explique cette psychologue de l’hôpital qui abrite aujourd’hui le premier centre expert pour l’endométriose. Elle y initie à l’auto-hypnose pour que les patientes deviennent autonomes. « C’est une vraie roue de secours, considère Yasmine, responsable en relations publiques de 46 ans. Avec un peu de pratique, on arrive à se détacher de la douleur en la canalisant quand elle monte, ce qui évite de rentrer dans son tourbillon. »

S’épanouir malgré l’endométriose, c’est possible

« A chacune de trouver ce qui lui convient, mais il faut un accompagnement psychologique, estime Marie-Anne Mormina, auteure de La maladie taboue (éd. Fayard). On demande à la femme d’être une super-mère qui ne se plaint jamais et de réussir tant professionnellement que sexuellement. C’est difficile à atteindre, mais encore plus pour une victime d’endométriose. On doit pourtant vivre avec, le plus confortablement possible. »

Après son livre, Marie-Anne Mormina a lancé le blog Alter Endo, afin d’aider les femmes à s’épanouir malgré l’endométriose. Mais les mobilisations du mois de mars rappellent toujours qu’il faut davantage de monde en première ligne. Et d’abord des médecins capables, comme les puéricultrices formées à Rouen, de poser un diagnostic précoce par un simple interrogatoire. Pour que l’on ne dise plus à celle qui se tord de douleur que c’est normal.

Textes extraits de marieclaire.fr/gynécologie  (Par Brice Perrier, Elisabeth Alexandre)
Association française de lutte contre l’endométriose.
Revue « Fertility and Sterelity ».
http://www.endo-march.org

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